Défilé Dior Automne - Hiver 2026-2027

Jonathan Anderson entre nature, sculpture et haute couture

Retour sur les deux défilés Dior automne hiver 2026-2027, leurs inspirations, leurs silhouettes les plus marquantes et les détails qui pourraient bien définir cette nouvelle ère de la maison.

Chez Dior, la mode ne se contente jamais de suivre les saisons : elle raconte une histoire. Pour les saisons prochaines, Jonathan Anderson poursuit son écriture au sein de la maison avec deux défilés qui révèlent des facettes très différentes de son univers.

D’un côté, le prêt-à-porter féminin imagine une promenade poétique au bord de l’eau, entre nénuphars, fleurs, couleurs pastel et silhouettes aériennes. De l’autre, la haute couture plonge dans l’univers sculptural de l’artiste américaine Lynda Benglis, donnant naissance à des drapés spectaculaires, des volumes travaillés et des broderies d’une grande précision.

Entre héritage de la maison, expérimentations contemporaines et références venues d’Inde, ces collections témoignent surtout de l’ambition de Jonathan Anderson : faire évoluer Dior sans effacer ce qui constitue son identité. 

Défilé Dior automne-hiver 2026-2027 : une promenade poétique dans les Tuileries

Un décor inspiré des jardins parisiens

Le mardi 3 mars 2026, Dior présente sa nouvelle collection femme automne-hiver dans un décor installé au cœur des Jardins des Tuileries. Jonathan Anderson abandonne le traditionnel grand volume blanc pour proposer une scénographie beaucoup plus ouverte et contemplative. De larges structures vitrées entourent le parcours du défilé, tandis qu’un bassin couvert de nénuphars devient l’un des éléments centraux du décor. 

Le podium épouse la forme de l’eau et permet aux mannequins de circuler autour du bassin, donnant au spectacle l’allure d’une promenade parisienne. Les célèbres chaises vertes des jardins français sont également intégrées à la scénographie. Elles apparaissent même sous une forme miniature sur l’invitation adressée aux invités, créant un premier lien entre l’objet, le décor et l’histoire parisienne.

Une collection aux accents de printemps

Malgré son positionnement hivernal, la collection Dior automne-hiver se distingue par une palette lumineuse et une atmosphère étonnamment printanière. Le rose, le jaune pâle, l’écru et le bleu ciel apportent de la fraîcheur aux silhouettes. Les fleurs, les volants et les matières légères renforcent cette impression de légèreté. Jonathan Anderson joue notamment avec les proportions. Les jupes prennent des airs de tutus, certaines vestes adoptent des formes arrondies tandis que les silhouettes alternent entre volumes structurés et mouvements beaucoup plus fluides. 

Le tailleur Bar réinterprété

Parmi les pièces emblématiques du défilé figure une nouvelle interprétation du tailleur Bar, silhouette indissociable de l’histoire de Dior.

Jonathan Anderson le réduit parfois à des proportions presque miniatures et lui apporte une dimension plus ludique. Le satin, les plumes, les petits boutons et certains cols inspirés de formes orientales viennent modifier l’apparence de cette pièce historique. Sur d’autres silhouettes, la veste s’allonge et se combine avec de la dentelle blanche ou du denim clair porté de manière plus ample. Le résultat donne au tailleur une allure moins conventionnelle, tout en conservant une référence évidente au vocabulaire Dior.

Des matières légères et des silhouettes aériennes

La collection mise largement sur la soie, le satin, la dentelle, les plumes et différents textiles travaillés pour accompagner le mouvement du corps. 

  • Les jupes semblent flotter autour des jambes et certains bustiers donnent l’impression d’être suspendus à la silhouette. Les jeux de transparence participent également à cette sensation de légèreté.
  • Les formes arrondies deviennent particulièrement importantes. Elles évoquent parfois des pétales, des fleurs aquatiques ou encore des éléments naturels observés autour du bassin imaginé pour le défilé.
  • Les nénuphars ne restent d’ailleurs pas uniquement dans le décor : ils apparaissent également sous forme de motifs brodés sur certaines pièces.

Les sacs Dior du défilé 

Une nouvelle génération d’objets de désir

La maroquinerie occupe une place importante dans cette collection. Jonathan Anderson poursuit le travail entrepris lors de ses premières présentations pour Dior en développant des accessoires qui se rapprochent parfois de véritables objets artistiques. 

Parmi les modèles remarqués figurent notamment des pochettes inspirées des nénuphars, des sacs ornés de fleurs en volume et des accessoires du soir aux formes plus fantaisistes. Le sac Le Cigale apparaît lui aussi dans plusieurs interprétations, tandis que certains modèles jouent avec des références animales et botaniques.

Défilé Dior haute couture automne hiver 2026-2027 : Jonathan Anderson face à Lynda Benglis

 

Pour son deuxième défilé haute couture chez Dior, Jonathan Anderson choisit de placer l’art contemporain au cœur de sa réflexion. La collection s’inspire principalement de l’artiste américaine Lynda Benglis, dont le travail sur la matière, le mouvement et la transformation des surfaces nourrit directement les recherches des ateliers Dior.

 

Lynda Benglis, une source d’inspiration majeure

De la sculpture au vêtement

Le travail de Lynda Benglis repose notamment sur la transformation de matières initialement planes en formes tridimensionnelles. Le nouage, le plissage et le moulage permettent à l’artiste de créer des œuvres qui semblent prendre vie dans l’espace. Cette démarche fait naturellement écho au principe même de la haute couture. Chez Dior, le tissu est lui aussi transformé. Une matière souple devient une architecture portée sur le corps grâce au travail des petites mains des ateliers. Jonathan Anderson s’intéresse donc particulièrement au geste. Le plissé réalisé à la main, le drapé et le nouage deviennent des moyens de donner du relief et du mouvement aux vêtements.

L’œuvre de Lynda Benglis et l’Inde

L’inspiration ne s’arrête pas aux sculptures de l’artiste américaine. Lynda Benglis entretient depuis longtemps un lien particulier avec Ahmedabad, dans l’État indien du Gujarat. Cette relation influence plusieurs de ses œuvres, notamment la série Peacock, inspirée par les paons observés lors de ses séjours en Inde. Jonathan Anderson reprend cette dimension végétale et animale à travers des ornements floraux, des couleurs intenses et des broderies enrichies de perles. La collection s’intéresse également au chintz indien du XVIIIe siècle, un textile traditionnel qui a profondément marqué les arts décoratifs européens. Des fragments anciens de tissus et d’indiennes deviennent ainsi des éléments décoratifs sur certains accessoires Dior, notamment les sacs Petit Dîner et les mini Lady Dior.

Un décor de forêt tropicale au Musée Rodin

Une scénographie entre Inde et Nouveau-Mexique

Pour présenter sa collection haute couture, Dior transforme le jardin du Musée Rodin. Le décor prend la forme d’un long pavillon ouvert sur les côtés. Son sol en marqueterie réfléchissante crée une impression de profondeur presque infinie, accentuée par le plafond et le mur du fond qui prolongent visuellement cet effet miroir. Autour des invités, de grandes fougères arborescentes installent une atmosphère végétale. Cette scénographie établit un parallèle avec les motifs botaniques présents sur les vêtements tout en faisant référence aux deux univers géographiques associés à Lynda Benglis.

Une parenthèse fraîche au cœur de Paris

Alors que les températures estivales peuvent rendre Paris particulièrement étouffant, le défilé offre une impression de fraîcheur et de calme. Les fougères, la végétation et l’espace largement ouvert transforment le Musée Rodin en une sorte de jardin imaginaire. Le son des grillons renforce cette sensation de dépaysement et donne au défilé une dimension presque nocturne.

Au premier rang, plusieurs personnalités internationales viennent découvrir cette nouvelle proposition de Jonathan Anderson, parmi lesquelles Sabrina Carpenter, Josh O'Connor, Naomi Watts, Priyanka Chopra et Pharrell Williams.

Les silhouettes sculpturales de la haute couture Dior

Le plissé comme architecture

L’un des éléments les plus remarquables de la collection est le travail du plissé. Les tissus sont volontairement accumulés, comprimés, noués puis déployés afin de créer des formes qui semblent presque indépendantes du corps. Certaines robes adoptent ainsi l’apparence de pétales en mouvement. D’autres jouent avec des volumes métallisés ou des surfaces ondulantes qui captent la lumière. Une silhouette pourpre particulièrement spectaculaire illustre cette approche avec une robe ample et plissée, accompagnée d’un imposant nœud placé autour de l’encolure.

Des couleurs inspirées de la nature

Le travail des ateliers se retrouve également dans les broderies.

Les fleurs, les fougères et les motifs inspirés du monde végétal apparaissent sur plusieurs silhouettes. Certains sont réalisés avec des perles tandis que d’autres prennent la forme de délicates applications de dentelle. Un tailleur vert et blanc, minutieusement brodé, évoque ainsi une prairie miniature. À l’inverse, un manteau noir orné de fougères blanches crée un contraste beaucoup plus graphique. La haute couture devient alors un terrain d’expérimentation où chaque détail participe à la transformation de la matière.

La robe de mariée Dior haute couture automne-hiver 2026-2027

Comme souvent lors des défilés haute couture, la robe de mariée constitue l’un des moments les plus attendus. Jonathan Anderson choisit ici une silhouette particulièrement légère et organique.

La robe, longue et presque entièrement vaporeuse, se prolonge par une traîne transparente. De petites fleurs viennent ponctuer la matière tandis que les bretelles glissent délicatement sur les épaules. L’ensemble offre une conclusion romantique au défilé, loin d’une robe de mariée spectaculaire uniquement par son volume. Ici, l’émotion naît davantage de la transparence, du mouvement et de la finesse du travail artisanal.

Entre expérimentation artistique et héritage Dior

Une collection qui divise

Si certaines silhouettes témoignent d’une remarquable maîtrise technique, la collection haute couture ne cherche pas systématiquement la facilité. Jonathan Anderson pousse parfois très loin son expérimentation autour de la matière et des volumes. Certaines robes prennent des proportions imposantes, presque abstraites, tandis que certains accessoires semblent davantage conçus comme des sculptures miniatures que comme des objets destinés à accompagner une tenue.

Le retour de formes plus domestiques

À côté des silhouettes les plus spectaculaires apparaissent également des pièces plus enveloppantes : tricots épais, manteaux volumineux, grands châles et vêtements aux proportions généreuses. Ces propositions introduisent une dimension plus quotidienne dans une collection pourtant consacrée à la haute couture. Le contraste est volontaire mais crée parfois une rupture importante avec les robes les plus sophistiquées du défilé. Jonathan Anderson semble ainsi vouloir tester les limites de ce que peut être une silhouette Dior : doit-elle rester spectaculaire et précieuse, ou peut-elle intégrer une forme de confort et de simplicité ?

Les accessoires Dior : entre sculpture et fantaisie

Des sacs aux formes surprenantes

Les accessoires prolongent l'expérimentation initiée par les vêtements. Certains sacs prennent des formes animales ou abstraites et semblent davantage inspirés par l'univers de la sculpture que par la maroquinerie traditionnelle. Le modèle en forme de tatou fait notamment partie des accessoires les plus inattendus de la collection. Sa construction métallique et ses détails articulés lui donnent l'apparence d'une petite sculpture précieuse. D'autres sacs évoquent des poissons ou des formes nouées, renforçant la dimension ludique du défilé.

Quand l'accessoire devient objet artistique

Ces créations montrent la volonté de Jonathan Anderson de brouiller les frontières entre mode, artisanat et art.

Mais cette démarche comporte également un risque, en devenant très conceptuels, certains accessoires peuvent détourner l'attention du travail exceptionnel réalisé sur les vêtements. C'est précisément cette tension qui traverse la collection haute couture : entre la sophistication des ateliers Dior et le désir de Jonathan Anderson de transformer le vêtement en objet d'expérimentation.

Dior automne hiver 2026-2027 : deux défilés, une même vision

Les deux collections présentées pour l'automne hiver 2026-2027 permettent de comprendre la direction prise par Jonathan Anderson chez Dior.

Depuis sa nomination en 2025, Jonathan Anderson doit relever un défi considérable : imposer son propre langage tout en conservant les codes d'une maison dont l'histoire est intimement liée à la couture, aux fleurs et à la silhouette.

Ces collections montrent qu'il ne cherche pas simplement à reproduire les archives Dior. Il préfère les utiliser comme un point de départ pour expérimenter de nouvelles proportions, de nouvelles matières et de nouveaux rapports entre le vêtement et son environnement. C'est peut-être là que réside l'intérêt principal de cette nouvelle ère Dior : dans cette volonté de faire coexister le patrimoine et l'expérimentation, la précision de l'atelier et la liberté de l'art contemporain.

Entre les jardins des Tuileries et la végétation imaginaire du Musée Rodin, Jonathan Anderson construit finalement deux visions différentes mais complémentaires de Dior. Une maison où la nature demeure omniprésente, mais où elle n'est plus seulement représentée : elle devient une matière à transformer, une forme à modeler et un mouvement à faire vivre sur le corps.

 

Quéstions Fréquentes

Est-ce que Jonathan Anderson respecte vraiment l'identité de Dior ?

 

Oui, mais à sa manière. Il reprend des symboles importants de la maison, comme le tailleur Bar ou l'omniprésence des fleurs, mais il ne les copie pas simplement. Il les transforme avec des proportions plus surprenantes et des détails plus modernes. C'est justement ce mélange entre respect du passé et envie de nouveauté qui rend son travail intéressant.

Pourquoi la collection haute couture peut-elle surprendre ou même diviser ?

 

Parce que certaines pièces vont très loin dans l'expérimentation. Les vêtements deviennent parfois presque abstraits, avec des volumes impressionnants et des accessoires qui ressemblent davantage à des sculptures qu'à des objets traditionnels. On peut donc admirer le travail artistique et technique, tout en se demandant jusqu'où la mode peut aller sans perdre son côté portable.

Quel est le message principal que l’on peut retenir de ces défilés ?

 

On peut retenir que la mode, selon Jonathan Anderson, est une manière de raconter une histoire et de transformer la matière. La nature n'est pas seulement décorative : elle inspire les formes, les couleurs et les mouvements des vêtements. À travers ces deux défilés, il semble vouloir montrer qu'une maison aussi historique que Dior peut continuer à évoluer et à expérimenter.